L'EGLISE DE LACANCHE

 

 

Erigée en commune en 1790, Lacanche, malgré sa prospérité et sa croissance dues à la présence de forges, était jusque-là dépourvue d’église avec une simple chapelle édifiée en 1700 et détruite en 1820.

En 1840, Madame Jeanne GROS, veuve d’Etienne CAUMARTIN, maîtresse de forges, projeta l’édification d’une église "prête à dire messe" pour les habitants contraints de se rendre dans les paroisses voisines.

La conception de l’église est due à un certain Bonnard, sans doute maître charpentier à Arnay-le-Duc, dont les plans sont soumis au conseil des bâtiments civils le 1er mai 1841.

Le 18 octobre 1841, la première pierre est posée par le maire de l’époque, M. ARBELET. En 1843, l’édifice reçoit à l’intérieur un décor peint monumental traitant de la vie du Christ réalisé par le peintre J.-B. BERTOLETTI.

 Le 24 septembre 1844, Madame GROS-CAUMARTIN remettait les clefs de la nouvelle église à Monseigneur RIVET, archevêque de Dijon, qui consacra l’édifice.

D’inspiration néoclassique, l’église Saint-Etienne est de conception modeste. Elle offre l’image extérieure d’une boîte aveugle couverte à 2 pans en ardoises et dominée par un clocher sommé d’une flèche en ardoises. Son plan est simple. Un parallélépipède rectangle abrite la travée du clocher et s’ouvre à l’est sur une abside pentagonale sur laquelle s’adosse la sacristie.

Cet aspect austère est compensé par un décor intérieur tout à fait exceptionnel. Celui-ci couvre l’ensemble des murs et voûtes de la nef et de l’abside. Les murs reçoivent un décor constitué d’un soubassement, d’une riche frise et de médaillons traitant la vie du Christ.

C’est sur la voûte que se concentre le décor figuratif de l’église.

Divisée en compartiments traités en trompe l’œil, la voûte reçoit quatre grandes compositions traitant la vie du Christ : "L’adoration des bergers" inspirée du tableau de BOUCHER, peint en 1750 ; "Laissez venir à moi les petits enfants" ; "La femme adultère" ;   "La pêche miraculeuse" inspirée du tableau de JOUVENET, peint en 1706.

L’auteur J.-B. BERTOLETTI s’est inspiré de scènes de l’évangile. Chacune de ces peintures s’ordonne autour de la figure emblématique du Christ dans une mise en scène d’une grande   sobriété de lignes et de valeurs renforçant l’aspect didactique.

Entre les compartiments peints, un décor de faux caissons ornés d’arabesques et d’anges musiciens vient compléter l’ensemble auquel répondent les deux oculus qui montent jusqu’au faîtage de la toiture. Traités avec cannelure en trompe l’œil, ces oculus figurent les rayons lumineux de la gloire divine, renforçant l’effet zénithal créé par ces puits de lumière.

Trois vitraux ornent le chœur de l’église. Le vitrail à gauche représente la Saint-Hubert, le vitrail à droite représente Saint Etienne et le vitrail du centre, qui a une forme ronde, représente un pélican.

 

 

En savoir plus sur les fresques :

À gauche à l'entrée de l'église, l'épisode "Laissez venir à moi les petits enfants" montre le Christ assis au centre bénissant de jeunes enfants, ce que quatre apôtres debout en arrière plan semblent réprouver.

 

 

 

 

Vient ensuite l'adoration des bergers : l'enfant Jésus est entouré de Marie et de bergères apportant leurs modestes offrandes. À gauche, Saint Joseph dubitatif contemple la scène à laquelle ne manquent ni le bœuf passablement assoupi, ni l'âne. C'est une copie assez fidèle, pour la partie centrale, du tableau de BOUCHER, intitulé "La lumière du monde" peint en 1750 (Lyon, musée des beaux arts), mais que BERTOLETTI, pour des raisons de format, a aéré quelque peu.

À droite de l'entrée, une composition traite de l'épisode de la femme adultère. Le Christ, entouré d'apôtres, intercède pour la pécheresse, pendant que les docteurs discutent de l'intervention. Les personnages sont debout sur une terrasse et un jeu de marches, traités en perspective. Le fond est formé d'une colonnade, dont on n'aperçoit que les fûts, et d'un paysage sommairement esquissé.

Le 4ème compartiment représente "La pêche miraculeuse ou la vocation des apôtres Pierre et André" car les deux épisodes sont quelquefois confondus. D'un bateau que des matelots amarrent, le poisson est abondamment déversé sur le quai, tandis que le Christ au centre, les bras levés, exhorte les futurs apôtres à le suivre. Il s'agit là de la copie fidèle du tableau peint par JOUVENET en 1706, à l'exception de quelques personnages de 2ème ordre que BERTOLETTI a jugé nécessaire d'éliminer sans doute pour mieux concentrer l'attention des fidèles sur les principaux protagonistes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au milieu du XIXème siècle, on préfère la fresque au tableau car elle permet un contrôle du sujet et du peintre. Elle est aussi jugée plus décorative et respecte l’architecture. Cette alliance du clergé et de l’architecte est tout à fait pertinente à Lacanche où le respect de ces principes a été observé. Le décor de l’église constitue ainsi une bonne illustration locale des grands débats sur l’art au milieu du XIXème siècle. (extrait de "Peintures murales en Bourgogne" par Bernard SONNET, 1992)

L’église Saint-Etienne est inscrite en totalité à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 20 décembre 1991 et le décor intérieur est classé parmi les monuments historiques par arrêté du 30 septembre 1994.

Par son décor intérieur exceptionnel, l’église s’avère être un édifice original et rare. L’état de salissure important et les désordres picturaux qui caractérisent ce décor rendent celui-ci aujourd’hui peu visible. C’est tout l’objet des travaux entrepris qui porteront sur la restauration intérieure complète (réfection de l’électricité, du chauffage, tableaux, lustres…) et la mise en valeur. L’effet donné par ce décor doit être saisissant comme doit l’être l’effet de lumière apporté par les deux oculus et la rupture chromatique des teintes entre la nef et le chœur.

 

Quelques dates à retenir :

- Le 18 octobre 1841, pose de la première pierre
- Le 24 septembre 1844, Madame GROS-CAUMARTIN remet les clefs de l'église Saint-Etienne de Lacanche à Monseigneur RIVET, archevêque de Dijon qui consacre l'édifice.
- 1996: les extérieurs de l'église sont rénovés. Le 27 juillet 1996, la bénédiction du nouveau coq a eu lieu.
- 2017 : la rénovation des intérieurs de l'église, prévue sur 14 mois, a débuté en juillet 2017.

Après 15 mois de travaux, l'église Saint-Etienne a retrouvé son cachet originel et l'inauguration a eu lieu le 28 septembre 2018.

 Pour suivre les travaux cliquez ici (1)

Etat des travaux au 24 juillet 2018 (2)

Etat des travaux au 13 septembre 2018 (3)

 

Le 24 septembre, l'orgue, offert par M.Brand, a été installé dans la tribune principale.

 

 

 Cérémonie d'inauguration des travaux de restauration de l'église